rester connecter à son coeur

© Cécile Bonnet

Vivre une crise c’est perdre son équilibre pour en créer un nouveau.

2014 aura été une année bien spéciale pour moi et pour beaucoup d’entrepreneurs que je vois, entends et lis aussi : une année de profonde mue-tation.

Perdre son équilibre pour se transformer

Une mue, c’est une nouvelle peau : c’est soi différemment, en plus grand, en meilleur.

Ma mue a d’abord pris la forme d’une crise d’identité : en 2014 j’ai vécu une crise existentielle d’entrepreneur, j’ai perdu l’équilibre et je suis tombée comme dans un trou béant.

Une crise est la rupture d’un équilibre qui n’est plus. Comme un château de carte ou une imbrication subtile de bois et de plume, un élément vient à manquer et tout s’écroule.  La quête à laquelle nous invite alors la crise est de retrouver un nouvel équilibre.

Une mue-tation n’est pas un virage à 180°, ce n’est ni violent, ni brutal et pourtant une mue est un puissant mouvement de fond qui ébranle ce qui nous tenait en équilibre pour aller de l’avant : nos certitudes, nos repères, nos habitudes, nos projets.

Tout ce que l’on pensait être, n’est plus.

Une mue est une puissante transformation qui germait déjà en nous depuis quelques temps sans qu’on s’en rende compte vraiment, jusqu’à l’éclosion : l’explosion qui suit l’implosion et qui appelle à la renaissance.

C’est une quête intérieure d’équilibre, cet équilibre que l’on a perdu, quand, de façon imperceptible, les lignes ont bougé en nous jusqu’à nous faire vasciller puis tomber.

Les crises font partie de l’équilibre de notre vie

2014 : 3 mois sans publier un seul article sur le blog, les mois qui précèdent je sombre doucement mais sûrement dans un abîme d’épais brouillard., les mois qui suivent je me reconnecte petit à petit à moi, mon équilibre se reconstruit pierre après pierre et le brouillard se dissipe. Je peux reprendre d’un pas plus alerte ma route.

2015 : je sais que ma mue n’est pas tout à fait au terme de son cycle. Mon nouvel équilibre est toujours en construction mais dans l’action cette fois-ci. Je reste vigilante car désormais je sais mieux être à mon écoute.

Depuis que je dis tout haut ce que beaucoup vivent tout bas dans l’évolution de leur business, beaucoup de personnes, entrepreneurs ou non, partagent avec moi leur propre passage à vide et leur crise.

Maintenant, il me semble que ce type de crise :

1 – est très répandu tout le temps mais plus particulièrement en ce moment et dans notre société actuelle, elle-même en profonde crise de sens donc en profonde mue-tation

2 -est non seulement normal mais nécessaire pour évoluer et grandir, aller de l’avant

3- est un passage récurrent dans la vie de tout entrepreneur qui au travers d’une entreprise entreprend sa vie tout court, car on n’entreprend jamais par hasard et bien souvent c’est un 1er acte posé vers sa liberté d’être

La crise est inévitable (et à ne pas éviter) et pourtant on la fuit

Quand on m’interroge sur la crise que j’ai traversée, une question revient systématiquement :

« Commet cela s’est produit ? Que s’est-il passé concrètement ? »

C’est étonnant car ces questions ne me semblaient pas importantes pour parler de ma mue. J’avais le sentiment que les réponses n’apportaient rien de nouveau au partage de mon vécu. Je croyais qu’une crise était une crise quelque soit le domaine, point, et qu’il n’était nul besoin d’en décrire le contexte et les symptômes pour en comprendre le mécanisme et les incidences.

Evidemment j’avais tort !

Premièrement ce que ces questions dévoilent avec pudeur, c’est notre appréhension des crises : on aimerait bien pouvoir les éviter et s’en épargner les désagréments et l’inconfort quotidien.

La plupart du temps, nous savons bien que ce qui nous attend « derrière » la crise est meilleur mais on aimerait éviter le « voyage » pour s’y rendre en trouvant  un raccourci vite fait bien fait 😉

Deuxièmement, reconnaître sa crise est une 1ère étape du voyage : on ne se rend pas toujours compte tout de suite qu’on amorce une crise. Elle s’installe et arrive doucement. Reconnaître les signes c’est se connaître soi et accepter l’évolution qui se présente.

son équilibre

© Cécile Bonnet

Reconnaître la crise est donc primordial pour arrêter de lutter et suivre le mouvement que la crise nous invite à opérer, comme un réglage de précision sur notre vie et sur nous-même.

On ne voit pas venir une crise mais il est bon de l’accepter

Comment se manifestait-elle au quotidien ?

Comment et pourquoi est-ce qu’on perd l’équilibre ? Que se passe-t-il concrètement ?

On ne voit pas venir une crise : un jour on n’a pas d’autre choix que de se rendre à l’évidence qu’on est en plein dedans.

Ma mutation à moi a commencé sournoisement. Je débutais l’année avec des projets plein la tête et déjà je posais des actes en vue de leur réalisation. J’étais emplie de satisfaction. Il faut dire que j’ai une croyance sur les « débuts » quels qu’ils soient : selon moi ils conditionnent la suite à venir.

J’avais décidé de travailler ma créativité, la co-création et le lâcher prise. 2014 m’aura servi tout cela sur un plateau d’argent mais pas de la manière dont je l’aurais pensé !

En voulant retravailler la présentation de mon offre sur ce site, pour la rendre plus lisible, j’ai glissé dans un trou et j’ai buggué : je n’y suis jamais arrivé.

Après plusieurs semaines à insister, encore et encore et à y arriver de moins en moins malgré ma persévérance et mes efforts, j’ai fini par comprendre que mes problèmes de « forme » révélaient en fait des problèmes de fond.

La théorie de l’iceberg vous connaissez ? 10 % seulement de son volume est situé au-dessus de la surface de l’eau. M’obstiner à vouloir travailler la partie visible de mon business c’était m’entêter à faire abstraction de 90% de mon activité : moi.

Ma mue a alors pris la forme d’une remise en question intense et profonde : j’ai réalisé que je n’avais plus autant le cœur à faire ce que je vendais et j’ai alors douté des fondations que j’avais construites pour mon entreprise. J’ai réalisé qu’elles s’étaient fragilisées au fil du temps et du développement de mon business.

J’ai mis les compteurs à zéro. Et alors j’ai traversé une sorte de « no man’s land », un désert : je ne voyais rien à perte de vue. Je n’avais aucune idée de là où j’allais, ni du temps que cela me prendrait pour savoir.

A ce moment là, j’étais loin de penser qu’il s’agissait d’une mue qui allait me permettre de me rapprocher un peu plus de moi et de ma place.

Pourtant quelque chose d’étrange (pour moi) est arrivé : j’avais intimement confiance dans le processus sans en maîtriser pourtant quoi que ce soit. J’ai vécu le lâcher-prise.

7 enseignements que j’ai retirés de ma crise

  • Je vis moi-même le chemin que je fais aux côtés de mes clients

Cela a toujours été ainsi depuis que je suis indépendante : mon offre évolue selon ma propre aventure d’entrepreneur.

  • Chercher le soutien extérieur quand on perd l’équilibre à l’intérieur, c’est déjà reconstruire son équilibre

Ne pas se savoir seul(e) quand on est perdu(e), avoir une main, une épaule, un sourire auxquels se raccrocher : le chemin se fera toujours de soi à soi mais avec un guide on arrive plus aisément à destination et à son équilibre.

  • Etre son meilleur conseiller

Cela veut dire savoir s’appliquer ce qu’on prône aux autres et utiliser pour soi ses propres outils. Non les cordonniers ne sont pas les plus mal chaussés 😉

  • Faire confiance au « processus »

On peut persévérer sans se battre, on peut se battre sans lutter contre, on peut lâcher-prise  sans être passif, on peut faire confiance sans être « faible », on peut perdre son équilibre et se relever.

Très souvent nous n’avons pas tous les éléments à un instant T pour comprendre une situation dans son ensemble surtout quand on manque de recul (et c’est le cas dans le brouillard). Mais ce que l’on vit a (toujours) un sens et on peut trouver un sens à tout ce que l’on vit, en tout cas c’est une posture de vie qu’on peut essayer de cultiver.

  • Se reporter à ses essentiels et à sa boussole intérieure

Le plus difficile à vivre quand on est perdu c’est la perte temporaire de repères, pourtant nous avons des fondamentaux qui eux ne bougent pas. Les affirmer pour les rendre ferme, c’est consolider de puissantes fondations sur lesquelles s’appuyer en toute circonstance.

Et si vous ne connaissez pas vos repères, définissez votre boussole avant de vous perdre c’est encore mieux 😉

  • Aller plus loin, toujours plus loin, au coeur de soi-même

Finalement, la vie c’est tomber, grandir, se dépasser, avancer, tomber, grandir, se dépasser, avancer, tomber, etc : plus on avance, plus on se rapproche de soi.

Nous ne sommes pas a-normaux mais extra-ordinaires

Ce qu’on pense être des défauts cachent nos plus grands atouts pour réussir et nous épanouir. C’est ce que j’ai notamment appris de ma rencontre avec Joël Guillon.

Dans mon prochain article, nous évoquerons l’équilibre en paroles et en sourires échangés à l’occasion de l’interview de Thomas Raymond !

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